1.Si tu n’utilises pas de straps aux poignets, tu n’es probablement pas en train d’exploiter le maximum de tes jambes, fessiers, ou dos. Ces groupes musculaires peuvent soulever bien plus lourd que tes bras, avant-bras et mains. C’est l’erreur numéro un que je constate lorsque je corrige des vidéos : des mouvements sans straps aux poignets, trop rapides, qui ne ralentissent pas naturellement sur les dernières répétitions à cause de la charge et qui sont donc trop loin de l’échec (et donc d’une tension mécanique suffisante) pour obliger le muscle à s’adapter en grossissant.
2. Tu ne stagnes probablement pas, les progrès sont juste beaucoup plus lents que ce que tu imagines. Lorsque tu commences un programme en tant que débutante, c’est là où tu auras les résultats les plus rapides mais cela ralentira au fil du temps. Attention : rapide – dans la phrase précédente – n’est pas employé au sens où tu auras des résultats fulgurants en 2 mois. Dans tous les cas, la prise de muscle prend des mois puis des années. Tu devrais cela dit remarquer une différence relative par rapport à ton point de départ au cours de ces premiers mois que ce soit sur ta force, ta recomposition corporelle, ton cardio et peut-être dans tes vêtements (notamment au niveau de la taille pour la perte de gras).
Cela peut être décourageant, et beaucoup de gens supposent que c’est le moment de « changer de programme ». Mais faire un nouvel exercice auquel tu peux ajouter 20 kg en quelques semaines ne va pas te faire d’avantage progresser que d’essayer d’arracher une répétition ou un kilo supplémentaire sur un mouvement sur lequel tu mettais déjà lourd. Il est important de varier de temps en temps sa sélection d’exercices pour prévenir les risques de blessure mais tu as quand même une grosse marge de progression avant que cela ne devienne vraiment problématique.
3. Bon nombre des normes d’exercice qui les gens s’efforcent de faire (c’est-à-dire une technique parfaite, bonne mobilité, etc.) sont des sous-produits naturels de l’entrainement régulier, pas un pré-requis ! À mesure qu’un pratiquant progresse, la technique, la mobilité, etc s’améliorent d’elles-mêmes. Ne laisse pas ces choses devenir des obstacles psychologiques à ton envie de t’entrainer.
4. Toujours faire « ce qui fonctionne pour ton corps » n’est pas nécessairement la meilleure idée sur le long-terme, cela pourrait simplement te faire perdre d’autres façons de faire tes mouvements au fil du temps. La personne qui t’a appris à faire un squat sans douleur au genou ne t’a pas forcément appris à faire du squat « correctement », elle t’a juste aidé à trouver une variation qui était plus accessible pour toi à un moment donné. Ne fais pas l’erreur de penser que le fait de se déplacer de manière confortable est
nécessairement LA bonne façon de bouger pour toujours.
Faire des choses qui ne « semblent pas naturelles » ou provoque un léger inconfort peut être très utile aussi. Les gens s’inquiètent de ce qui se passera s’ils font
quelque chose et non pas sur ce qui se passe si ils ne le font pas. Les conséquences de l’inaction et les indécisions sont presque toujours sous-estimées.
5. « Écouter son corps » ne signifie pas qu’il faut se sentir bien pour s’entraîner dur.
Mercredi dernier, je me suis sentie exceptionnellement fatiguée et je n’avais pas envie d’aller à la salle ; les premières minutes étaient terribles, mais j’ai fini par avoir une de mes meilleures séances.
Nous ne pouvons pas toujours faire confiance à nos émotions ; elles peuvent changer
vite. Pour la plupart des gens, s’entraîner n’est pas le plus grand facteur de stress
dans nos vies. Il a été démontré que l’exercice physique diminue la réponse aux facteurs de stress psychosociaux; tu pourrais augmenter ta tolérance au stress dans ta vie de tous les jours grace à cela. Je ne dis pas de se forcer à tout prix, mais tu seras peut-être surprise de constater à quel point tu te sens mieux si tu te forces à faire le premier pas.
6. Il ne faut pas beaucoup d’exercices pour obtenir la majorité de tes résultats. Pour la croissance musculaire, tu peux t’entrainer entre +20 séries par groupe musculaire, par semaine, mais en réalité tu fais la plus grosse partie de tes progrès avec 10 à 20 séries seulement si tu sais ce que tu fais et que tu mets suffisamment d’intensité (je te renvoie au point numéro 1).
7. La douleur, la fatigue, l’anxiété et le doute de soi font partie intégrante de l’expérience humaine et tu éprouveras encore ces choses même si tu fais tout bien. L’industrie du fitness et du bien-être aime
s’en prendre à ces insécurités et convaincre tu as besoin du bon programme, produit ou
service peut te protéger contre les aspects inconfortables de la vie. Certains jours, tu vas être fatiguée, ou peut-être blessée; ces expériences ne signifient pas qu’il y a un problème avec toi. Continue.


