La vulnérabilité au stress, la tristesse et aux épisodes dépressifs chez les femmes commence à la puberté à cause de notre physiologie. Cela veut dire que souvent on cherche autour de soi pourquoi on se sent mal, on veut absolument attribuer une cause tangible à nos émotions et on pense parfois à tord que c’est la faute d’un facteur externe X ou Y, ou même notre faute, on se blâme d’être incapable d’être équilibré tout au long du mois, on a l’impression d’avoir un problème alors que non.
Vos émotions n’ont pas besoin d’avoir une cause externe. Vous ne souffrez pas forcément d’un déséquilibre hormonal. Vous pensez trop à identifier le pourquoi et vous ne vous laissez pas assez le temps de simplement ressentir et attendre que ça passe.
Retenez ça : on pense trop et on ne ressent pas assez.
C’est pour ça que c’est très important de continuer de s’éduquer sur les mécanismes de votre corps. Voici une description de la façon dont les hormones affectent l’humeur tout au long du cycle.
Récap : Comprendre le cycle menstruel
Impact sur le cerveau
Les hormones sexuelles peuvent affecter de façon significative les neurotransmetteurs dans le cerveau chez la femme.
1. Oestrogène
L’œstrogène est une des hormones les plus influentes en matière de fonction cérébrale. Elle affecte plusieurs neurotransmetteurs et leurs récepteurs, notamment :
– Sérotonine : L’œstrogène peut augmenter la disponibilité de la sérotonine (le neurotransmetteur « bon-plaisir »). Il peut également améliorer la sensibilité des récepteurs de sérotonine, ce qui peut améliorer l’humeur et la régulation émotionnelle. C’est pourquoi certaines femmes peuvent ressentir une amélioration de leur humeur pendant la première moitié du cycle menstruel lorsque les niveaux d’œstrogènes sont plus élevés.
– Dopamine : L’œstrogène peut également augmenter la libération de dopamine, qui est impliquée dans la motivation, la récompense et le plaisir. Elle joue un rôle dans les voies de récompense du cerveau et peut contribuer à des sentiments d’euphorie et de bien-être.
GABA (Acide gamma-aminobutyrique) : L’œstrogène peut améliorer l’action du GABA, qui est le neurotransmetteur inhibiteur primaire du cerveau. Cet effet peut aider à favoriser la relaxation et réduire l’anxiété. Les niveaux d’œstrogènes bas (p. ex., pendant la ménopause) sont souvent associés à une anxiété accrue et à des troubles de l’humeur.
Norépinéphrine : L’œstrogène peut affecter la libération de norépinéphrine, un neurotransmetteur associé à la vigilance, à l’attention et aux réponses au stress.
2. Progestérone
La progestérone est une autre hormone clé qui a des effets sur les fonctions des neurotransmetteurs, et ses effets peuvent être très différents de ceux des œstrogènes :
GABA : La progestérone a un effet calmant sur le cerveau car elle améliore l’activité GABAergique, qui a des effets inhibiteurs. C’est pourquoi la progestérone (surtout pendant la phase lutéale du cycle menstruel) peut aider les femmes à se sentir plus détendues, mais elle peut aussi contribuer à des sentiments de fatigue ou de somnolence.
Régulation de l’humeur : Les effets de la progestérone sur l’humeur peuvent varier. Bien qu’il ait des effets calmants, un taux excessif de progestérone ou une baisse soudaine (comme on le voit juste avant les règles) peut contribuer aux sautes d’humeur, à l’irritabilité et à l’anxiété chez certaines femmes.
3. Testostérone
Dopamine : La testostérone peut améliorer la libération de la dopamine et ses effets dans les zones du cerveau liées à la motivation, le plaisir et le désir sexuel. C’est pourquoi les fluctuations des niveaux de testostérone peuvent affecter la libido et la satisfaction sexuelle chez les femmes.
Humeur et énergie : la testostérone est liée à un sentiment de bien-être, de confiance en soi et d’énergie. Les faibles niveaux de testostérone chez les femmes ont été associés à la fatigue, à une faible humeur et à une fonction cognitive réduite.
Impact sur l’humeur phase par phase
Phase menstruelle (jours 1 à 5) : Fluctuations de l’énergie et de l’humeur
Pendant les règles, les niveaux d’œstrogènes et de progestérone sont à leur plus bas. Par conséquent, de nombreuses femmes éprouvent des désagréments physiques (comme des crampes et de la fatigue) et des changements émotionnels. Un taux d’œstrogènes plus faible peut entraîner des sentiments de tristesse, d’irritabilité ou simplement un manque général de motivation. Certaines femmes peuvent se sentir plus introverties, préférant la solitude et le calme.
Des symptômes physiques comme les maux de tête, les ballonnements ou les douleurs lombaires peuvent aussi nuire à l’humeur. Certaines femmes ont aussi une légère baisse de leurs capacités cognitives, comme la mémoire et la concentration, en raison d’un taux d’hormones plus faible.
Phase folliculaire (jours 1 à 13) : Énergie et optimisme accrus
Pendant cette phase, les niveaux d’oestrogène commencent à augmenter alors que le corps se prépare pour l’ovulation. Cette augmentation des œstrogènes entraîne généralement une amélioration de l’humeur et de l’énergie.
De nombreuses femmes déclarent se sentir plus positives, motivées et extraverties pendant cette période. C’est une période où la créativité et la clarté mentale ont tendance à atteindre leur apogée, et il peut également y avoir une augmentation de la force physique et de l’endurance. Les interactions sociales sont souvent plus faciles pendant cette période, et les femmes peuvent se sentir plus confiantes et assertives.
Les niveaux de testostérone commencent également à augmenter, ce qui peut contribuer à une augmentation de la libido et un plus grand sens de l’ambition. Le corps se prépare essentiellement à l’ovulation, et les femmes peuvent se sentir plus en phase avec leur moi social et sexuel pendant ces jours.
Ovulation (vers le 14e jour) : Fertilité et confiance maximale
L’ovulation est le milieu du cycle et se caractérise par une poussée de l’hormone lutéinisante (LH) et de l’hormone folliculo-stimulante (FSH), qui déclenchent la libération d’un ovule par l’ovaire. Les niveaux d’œstrogènes sont à leur plus haut pendant cette phase, ce qui en fait une période où de nombreuses femmes se sentent mieux physiquement, émotionnellement et socialement.
Phase lutéale (jours 15 à 28) : SPM et sensibilité émotionnelle
Après l’ovulation, les niveaux de progestérone augmentent pour préparer l’utérus à une grossesse potentielle. Cependant, si aucune grossesse n’est observée, les taux de progestérone vont finalement baisser, ce qui indique le début de la prochaine phase menstruelle. Cette phase peut être difficile pour de nombreuses femmes en raison des symptômes émotionnels et physiques associés au syndrome prémenstruel (SPM).
Pendant la phase lutéale, les niveaux d’œstrogènes et de progestérone fluctuent, ce qui entraîne des sautes d’humeur, une irritabilité, de l’anxiété ou des épisodes dépressifs. La progestérone, en particulier, a un effet calmant qui peut entraîner une sensation de fatigue ou de léthargie, mais elle peut aussi provoquer une sensibilité émotionnelle accrue.
La phase lutéale est également associée à une diminution de la libido, car le corps passe de la fertilité à la préparation des règles. En outre, certaines femmes éprouvent des changements cognitifs tels que la difficulté à se concentrer, souvent appelée « brouillard cérébral ».
Impact sur le comportement et variations individuelles
Il est important de se rappeler que l’expérience de chaque femme avec son cycle menstruel est unique. Certaines femmes peuvent ne pas éprouver de changements de comportement notables, tandis que d’autres peuvent trouver les fluctuations hormonales plus impactantes. La génétique, le mode de vie, l’alimentation, les niveaux de stress et d’autres facteurs peuvent tous jouer un rôle dans la façon dont le comportement et les émotions d’une femme sont influencés par ses hormones.
Comprendre ces influences hormonales peut aider les femmes à comprendre leurs changements d’humeur et de niveau d’énergie, et il peut fournir des renseignements précieux sur l’optimisation du bien-être personnel tout au long du cycle.
Équilibre hormonal et santé mentale
Bien que les fluctuations hormonales soient une partie normale du cycle menstruel, des changements extrêmes peuvent parfois exacerber les problèmes de santé mentale comme l’anxiété, la dépression ou les troubles de l’humeur. Pour les femmes qui éprouvent des difficultés émotionnelles ou psychologiques importantes tout au long de leur cycle, il peut être utile de consulter un professionnel de la santé pour discuter des stratégies de prise en charge. Cela pourrait inclure des changements alimentaires, de l’exercice physique, des techniques de gestion du stress ou même des traitements hormonaux dans les cas les plus extrêmes.
En conclusion, le cycle menstruel est une force puissante qui façonne non seulement la santé reproductive d’une femme mais aussi son comportement et son paysage émotionnel. Les hormones comme l’œstrogène, la progestérone et la testostérone créent un rythme dynamique qui affecte tout, de l’humeur aux niveaux d’énergie à la libido. Comprendre ces changements peut aider les femmes à naviguer dans leurs cycles avec une plus grande conscience, leur permettant d’adapter leur vie de manière à soutenir leur bien-être physique et émotionnel.


